Il y eu ces agitations, ces émois, ces tendresses conduisant au rythme de l’excitation, tordant les draps, faisant fi des convenances, sans avenir réel, le corps encore chaud et humide des désirs doux et innocents des âmes en goguette, s’ébattant dans les moiteurs des jours, ignorant les dangers.
Et puis est venu le temps du réel, de la durée, de la profondeur, a se demander à quel sauce seront nous mangé, dans cet envoutement précaire qui rend le réel gazeux et cotonneux, pansant l’âme torturée que je suis. Toutes ces mièvreries petit bourgeois, construire, durer, s’épanouir, ne pas fuir pour échapper à ces langueurs tristes du conformisme social me prennent à la gorge, me serre, m’angoisse.

Envie de fuite, de voyage, de tendresse, de jouer à la roulette russe, le canon chargé, le chien engagé, à attendre la balle salvatrice qui me fera libérer les pulsions, les désirs sauvages, ceux qui ressortent après la catharsis du LSD. Quand on sentira le canon froid, fouiller nos chairs, rentrer dans les corps, resouder le cortex sous la chaleur puis tracer sa route, tel un labour d’hiver bien gras au milieu des milliers d’éclats de vie se disloquant sous la puissance du feu. Quelle jouissance impromptue et douce, quelle liberation…

On aurait pu imaginer une mise en scène dramaturgique, à la Grèque, la faillite d’un état de conscience et d’abnegation, mais non, voilà un beau suicide, tuer l’ancien, pour voir renaitre la beauté d’une vie libre, débarassé du carcan des jours, des pesanteurs et vivre sa vie, au rythme des jeux et des rencontres, celle la même qui nous font dire que la vie est légère, comme une ballade en vespa de Rome à Ostie. Quel pied ! Tout ça ne durera peut-être que quelques semaines au mieux des mois, mais nous aurons vécu libre et heureux.

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