Grave Panique, la Seine Saint Denis de l'interieur

L’avantage d’avoir les Suisses à coté de nous, c’est leur rôle d’observateur francophone au sein des territoires coloniaux. Il est certains que le mot est fort mais force est de constater que l’article relate en premier lieu cette sensation oppressante. «Le commissariat est un blockhaus carré, tout est barricadé, grillagé. C’est une armée d’occupation.» Voila le premier choc de Yves Patrick Delachaux, ancien policier genevois devenu romancier et scénariste. Juste après les émeutes urbaines de l’automne 2005, alors qu’il était responsable de l’éthique et des Droits humains à la police genevoise, il a passé plusieurs semaines en observation dans un commissariat de Seine-Saint-Denis, le département le plus violent de France.

C’est un constat froid, glaçant, loin des langues de putes et des paroles convenues entretenues savamment par quelques journalistes osant peu franchir le périphérique, quand ce n’est pas les culs de plombs, chercheurs sur la banlieue, refusant de travailler de côtoyer les populations qu’ils essayent de mettre en case pour mieux contenir la marmite bouillante. Il est vrai que le boulevard Raspail, c’est toujours plus confortable que de prendre la 13, parqué par paquet de 48, dans la bonne sueur moite qui rappele les odeurs du marché de Libreville au petit soir.

Cet homme nous livre une pensée brute sans état d’âme sur l’état d’une France que l’on ne veut voir. Cette France des 30 glorieuses qui aurait enfanté la génération batarde, celle refusant de plier l’échine comme leurs parents. Ils ont révé de droits de l’homme, de justice, de progrès social mais ont leur à juste proposé SOS Racisme, premier cheval de troie communautaire.

En lisant entre les lignes, on dirait que la France vu sous l’oeil helvète repête la méthode Lacheroy…

Lire l’article dans courrier international

Yves Patrick Delachaux, «Grave Panique», Editions Zoé, Genève. Parution prévue au printemps 2010. Sur le même sujet: Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard, «Police, état de crise», Revue économique et sociale, Société d’études économiques et sociales, Lausanne, avril 2010.

Une réflexion au sujet de « Grave Panique, la Seine Saint Denis de l'interieur »

  1. Catherine

    En lisant l’article du Temps, j’ai repensé au film « Fort Apache – The Bronx », une histoire de flics et de leur commissariat, dernier retranchement policé dans le Bronx de 1980. Même idée d' »armée d’occupation »…

    Répondre

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