Maroc, chronique d’une violence ordinaire

Pour un touriste, la violence ordinaire marocaine passera par quelques ruses ou arnaques pas bien crasse ou tragi comique, celui qui s’enracine sur la terre marocaine découvre souvent un visage que le royaume tente de cacher à coups de social, bien que sa majesté M6 ai fait un gros effort sur ce sujet, tout en sifflant la fin de la récréation dernièrement pour les « 20 Févrietistes ».

Il n’y pas si longtemps que cela, flânant en retour d’après midi ensoleillée, j’ai eu le bonheur de découvrir ce que chaque marocain a connu et a enregistrer comme un paramètre normal dans sa vie, les rapports à la mort et à la peur étant sensiblement différents que ceux des européens.

Il suffit de voir les trompe la mort traversant l’autoroute, jonglant entre les véhicules, slalomant pour rejoindre l’autre coté au risque de finir en mode kefta dans les essieux d’un 36 Tonnes chargé à 60 tonnes aux pneumatiques lisse comme un après hamman. Vous marchez donc dans la rue, sifflotant au vent, l’air de rien, seulement, un geste anodin commis 2 min auparavant peut éventuellement vous envoyer ad patrès ou sérieusement défiguré si vous êtes dans les jours calendaires vert et rouge, comprendre les matches du Wydad ou du Raja.

Ce geste anodin, sortir d’un magasin, le téléphone dans la main, prêt à le glisser dans la poche, cette fois trop nonchalamment, certainement abruti par la chaleur vous a fait repérer, comme le lion fondant sur la gazelle. Continuant votre route, vous sentez d’un coup une présence haineuse, dangereuse, vous accélérez, puis soudain, vous voyez la mobylette au loin du comparse. A peine le temps de hurler, une lame jaillit, surtout ne pas bouger, ne rien dire, ouvrir les mains, docile, tout donner, se mettre en apnée et prier que le type en question ne soit pas camé jusqu’à l’os à la colle ou à l’alcool éthylique. Tel ne fut pas le cas, le mektoub avait décidé autrement…

Cette violence ordinaire, une fois que les langues se délient, une fois que vous l’avez vécue vous marque dans la chair, tout en relativisant sur le long terme. Celle ci étant courante dans les rues de Casablanca, celui qui ne l’a pas vécue, ne peut pas dire qu’il est réelement Casaoui, mais en phase d’apprentissage d’un autre code, celui d’une société à deux vitesses, ou les injustices se font clinquantes, cinglantes. Cette injustice vous claque parfois en pleine figure, vous ne pouvez plus alors oublier ou faire semblant de ne pas voir ces hordes d’ombres qui peuplent ces rues et aimeraient exister décemment, sans avoir avoir à mendier, rapiner…

Un marocain disait très justement, « au moins avec ton mobile, il offrira un mois de vie décente à sa famille, Inch’Allah »

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